Nom :

Maison du meunier

Adresse :
 

290, rue Saint-Eustache
Saint-Eustache

2e terrier (1800-1840) :

Folio 607

Cadastre abrégé (1862) :

Lot 767

Cadastre (1877) :

Lot P67, cadastre du Village

Cadastre (2000) :

Lot x xxx xxx, cadastre du Québec

 

Date(s) de construction :   
 

Avant 1884 (corps principal)
Entre 1896 et 1901 (bas-côté)


Historique de l'immeuble

Cette maison a été surnommée «La maison du meunier» pour rappeler la mémoire du meunier Magloire Légaré qui l'a habitée quelques années avec sa famille, à la fin du XIXe siècle.

L'histoire du lieu commence en 1792, quand le seigneur Louis-Eustache Lambert-Dumont concède à son fils Eustache-Nicolas tout le terrain situé entre le chemin et la rivière du Chêne. Ce terrain correspond aujourd'hui aux trois maisons situées aux 278, 284 et 290 de la rue Saint-Eustache. En 1798, Dumont revend le terrain au marchand John Chesser, qui habite depuis deux ans une maison qu'il loue d'Eustache Dumoulin dans la Grande-Côte. Chesser habite probablement le terrain de la rue Saint-Eustache pendant quelques années, puisqu'il le revend en 1810, peu après avoir fait l'acquisition et avoir agrandi la maison situé plus haut, aujourd'hui appelée maison Gratton, au 338 rue Saint-Eustache. C'est le maître-tanneur George Phillips qui va installer sa tannerie entre le chemin et la rivière. Il va y demeurer avec son épouse Marie Prud'homme pendant près d'un demi-siècle. Certains indices nous laissent croire que la résidence du tanneur était située à l'extrémité Est du terrain, alors que la tannerie occupait le bord de la rivière.

En 1855, âgé de 73 ans, George Phillips abandonne son métier de tanneur. Il vend alors les deux-tiers de son terrain au meunier Charles Bouchard, ne conservant que sa maison. C'est donc dès 1855 qu'un premier meunier va posséder ce lieu. George Phillips vend finalement sa maison et le dernier bout de terrain qu'il lui reste en 1862. Lui et son épouse Marie Prud'homme s'éteignent en 1869 à quelques semaines d'intervalle. Il était âgé de 87 ans alors que son épouse en avait 73.

Le meunier Charles Bouchard n'habite pas le terrain qu'il a acheté en 1855, puisqu'il le revend en 1856, sans y avoir construit de maison. Il est probable que Bouchard ait travaillé au moulin du village, puisque le recensement de 1851 nous indique qu'il y habite avec son épouse Marie-Anne et leurs trois enfants, ainsi qu'avec son frère cadet Olivier, apprenti-meunier. Au moins huit propriétaires vont ensuite posséder le terrain pendant quarante ans, dont le voiturier Séraphin Bélisle de 1860 à 1884. C'est probablement lui qui construit les deux maisons aujourd'hui situées aux 284 et 290 rue Saint-Eustache.

En 1896, c'est le meunier Magloire Légaré qui achète la maison située à l'extrémité Ouest du terrain original, des mains du notaire Cyrille Champagne. Il doit lui payer la somme de 440 dollars pour la maison! Magloire Légaré agrandit la maison en lui ajoutant une "boutique" du côté Est, qui existe encore aujourd'hui, sous la forme d'un "bas-côté". Magloire et son épouse Virginie Villiotte dit Latour habitent la maison avec leur famille jusqu'en décembre 1901. C'est donc dans cette maison qu'a vu le jour Donat Légaré en 1900, de même que ses frères Adélard en 1897 et Albert en 1898.

Références